Cet homme passant entre ses doigts les mailles du filet des heures durant, cet homme jetant les poissons restés coincés par dessus bord et continuant à dérouler la course de sa toile immense si longue, cet homme d'un certain âge se tenant droit, bien sur ses jambes, ne cessant de refaire les mêmes gestes debout sur ce petit bateau au milieu de ce tas de ferraille et de bois mêlés, entremêlés de nombreux bateaux, de maisons, de passants, de touristes et de voitures qui traversent ce village de pêcheurs, sans que ce pêcheur ni d'autres pêcheurs ne soient vus par quiconque, CET HOMME me fascine !
Chaque matin il est là présent, répétant les mêmes gestes rapidement, précisément, aisément. La Présence de cet homme me fascine, tout dans ce qu'il est, tout dans ce qu'il fait est beau .
Il est, il fait partie de ces derniers hommes de la mer qui à Port-vendres comme ailleurs ne seront jamais connus, mais qui manifestent dans la noblesse de leur travail un savoir-faire, j'ose ajouter une manière d'être aux choses... offrant une vie belle pour ceux qui savent simplement la VOIR.
Alors merci à toi l'inconnu pêcheur au ciré jaune et au maillot invariablement rouille de m'offrir, vu de ma fenêtre, le spectacle de ton bel ouvrage .
MERCI !